Massimo Berruti

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Berruti VallÇe du Swat Malam Jabba Web

Massimo Berruti

Berruti VallÇe du Swat Bara Bandai Web

Dans les zones tribales où les Talibans et Al-Quaida ont trouvé refuge après le 11 septembre 2001, les populations pachtounes se sont trouvées en première ligne face à la menace terroriste, grandes oubliées du jeu diplomatique complexe noué entre le Pakistan et les Etats-Unis. Exaspérées par les atrocités dont elles étaient victimes, les tribus de cette zone frontière avec l’Afghanistan n’ont eu d’autre choix pour résister à la loi de la terreur… que de se défendre elles-mêmes.

Pour assurer leur protection, souvent avec leurs propres armes et leurs propres vivres, les chefs tribaux ont renoué avec la tradition des Lashkars, ces milices jadis constituées ad hoc pour répondre à un but spécifique : poursuivre un criminel, régler une querelle familiale, rejeter un texte de loi.

Massimo Berruti – Lashkars

« J’ai voulu dévoiler, au travers de mes clichés, parfois tragiques, comment ces gens souffrent au quotidien du terrorisme perpétré par les talibans, mais surtout comment ils s’y opposent avec leurs faibles moyens et continuent à vivre malgré tout. Je ne suis pas sûr d’avoir atteint complètement ce but à travers mes photos, car le terrorisme est quelque chose de compliqué, souvent impalpable, qui implique des intérêts très divers et parfois étrangers au pays où il se passe. Il m’était difficile de montrer le sentiment de dégradation que j’ai ressenti là-bas lors de mon séjour. Il me semble que les choses s’aggravent mais que les autorités ne réfléchissent pas autrement que par le recours à la force armée pour enrayer la menace talibane, ce qui est un non-sens à mon avis.

Très curieusement, j’ai rencontré peu de problèmes à effectuer mon travail de photographe au Pakistan. En fait, il s’est avéré plus facile pour moi de travailler au Pakistan qu’en Italie. Les gens ne sont pas violents, le Pakistan en général n’est pas un pays violent. Bien sûr, la situation pour les habitants est très dure, ils peuvent maudire ceux qui leur font tant de mal, s’interrogent sur leurs motivations.

Parfois, des femmes sont battues en place publique par des talibans, c’est pourtant quelque chose de totalement contraire à la culture Pachtoune. Mais il n’y a pas de rage contre l’armée américaine ou même les terroristes talibans. Ils attendent plutôt que tout cela passe, que les choses s’améliorent. Paradoxalement, la seule fois où je me suis véritablement senti menacé, ce n’était pas du fait des talibans, mais de l’armée Pakistanaise. Dans la vallée du Swat, un jeune soldat m’a arraché sans raison mon appareil et a pointé son arme sur moi. Ce jour-là, j’ai été vraiment effrayé.»

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Jury

  • Alain Genestar président du jury, directeur de Polka Magazine et Polka Galerie
  • Christian Caujolle journaliste, commissaire d’exposition et fondateur de l’agence et de la galerie ‘VU
  • Clément Chéroux conservateur au Centre Georges Pompidou
  • Olivier Laban-Mattei photojournaliste indépendant
  • Susan Meiselas photographe, agence Magnum
  • Kathy Ryan directrice de la photographie du New York Times Magazine
  • Olivier Weber écrivain, diplomate et ambassadeur itinérant pour la défense des droits de l’homme
  • Kai Wiedenhöfer photographe allemand, lauréat du Prix Carmignac Gestion en 2009

Publication

Massimo Berruti
Lashkars, Milices civiles pashtounes face aux talibans,
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