Finbarr O’Reilly

République démocratique du Congo

11ème édition

Prix Carmignac du photojournalisme

Le 11e Prix Carmignac du photojournalisme, consacré à la République démocratique du Congo (RDC), a été attribué à Finbarr O’Reilly.

Le reportage de Finbarr O’Reilly a débuté en janvier, avant que la pandémie ne bouleverse nos vies et nos modes de fonctionnement. En raison de l’aggravation de la situation sanitaire internationale et de la fermeture progressive des frontières, un fonctionnement différent s’est imposé. Finbarr O’Reilly et l’équipe du Prix, en lien étroit avec les membres du jury et du pré-jury de la 11e édition, ont repensé leurs modes opératoires et adapté le Prix et le reportage à la crise que nous traversons.

La Fondation Carmignac a donc l’honneur de présenter « Congo in Conversation » (Congo en conversation) de Finbarr O’Reilly, un reportage collaboratif en ligne, réalisé avec la coopération étroite de journalistes et photographes congolais (ou basés en RDC) travaillant dans le respect de l’éthique et des standards journalistiques professionnels.

Basé sur un site Internet créé pour l’occasion et relayé sur les réseaux sociaux,          « Congo in Conversation » sera un flux ininterrompu et inédit d’écrits, de reportages photos et de vidéos. Mis régulièrement à jour, il documentera les défis humains, sociaux et écologiques que le Congo affronte aujourd’hui, outre une crise sanitaire sans précédent.

 

Suivez le lancement officiel de « Congo in Conversation » en direct sur le compte Instagram du festival Visa pour l’image, le mardi 28 avril 2020 à 18 h et sur le site du reportage :

Rutshuru, Nord Kivu, février 2020
© Finbarr O’Reilly pour la Fondation Carmignac

Le lauréat

Finbarr O’Reilly, photographe indépendant et journaliste multimédia, est l’auteur d’un récit de souvenirs paru chez Penguin Random House en 2017, Shooting Ghosts, A U.S. Marine, a Combat Photographer, and Their Journey Back from War (La chasse aux fantômes, retour du front d’un Marine et d’un photographe de guerre).

Choisi pour réaliser les images de l’exposition «Crossroads Ethiopia» autour du prix Nobel de la paix 2019 Abiy Ahmed Ali, il est fréquemment publié dans le New York Times et son travail lui a valu de nombreuses récompenses, dont le premier prix dans la catégorie Portraits au World Press Photo Awards en 2019. Il a également été lauréat du World Press Photo of the Year en 2006 . Finbarr O’Reilly a vécu douze ans en Afrique occidentale et centrale et couvert vingt ans de conflits en République démocratique du Congo, au Tchad, au Soudan, en Afghanistan, en Libye et à Gaza.

Titulaire de bourses des universités de Harvard, Yale et Columbia, il est administrateur d’ACOS Alliance, regroupement d’organisations de presse dédié à la protection des journalistes indépendants et locaux dans le monde. Il retourne régulièrement en RDC et au Rwanda, où il a habité entre 2001 et 2004.

Finbarr O'Reilly © Giles Duley

En 2019, il a passé des mois à documenter de l’intérieur la deuxième plus grande épidémie d’Ebola et à réaliser Ebola in Congo pour la chaîne PBS. Le documentaire montre des agents de santé risquant leur vie pour combattre le virus dans une région dévastée par des décennies de conflits.

Finbarr O’Reilly, installé à Dublin, est l’un des grands témoins de Under Fire: Journalists in Combat (Sous le feu : des journalistes au combat), documentaire sur les dommages psychologiques du reportage de guerre, sélectionné pour les Oscars 2012 et lauréat d’un Peabody Award en 2013.

Rutshuru, Nord Kivu, février 2020
© Finbarr O’Reilly pour la Fondation Carmignac

Congo in Conversation

La 11e édition du Prix Carmignac du photojournalisme se propose d’explorer avec un optimisme prudent l’avenir de la République démocratique du Congo, en documentant les dures réalités et les défis qui freinent l’essor d’un pays exploité depuis des générations. Avec la pandémie de coronavirus, le projet se focalise sur la manière dont les Congolais affrontent la pire crise sanitaire mondiale alors que le pays émerge à peine d’une épidémie dévastatrice d’Ebola et de la pire flambée de rougeole au monde.

Carte des provinces de la RDC

Les hôpitaux américains et les villages italiens constituent aujourd’hui la ligne de front de la pandémie mondiale, mais les épidémiologistes et autres experts en santé publique prévoient que le coronavirus va se propager dangereusement au sud et submerger des nations en développement, déjà accablées par des systèmes de santé défaillants, des gouvernements fragiles et des populations appauvries pour lesquelles la distanciation sociale est pratiquement impossible.

Près de la moitié des emplois en Afrique pourraient être perdus, selon l’ONU, et les citoyens vivant sous des régimes faibles ou répressifs courent le risque majeur d’être exclus de la course mondiale aux médicaments et aux respirateurs. Un autre virus – celui de la rougeole – ravage déjà la RDC. Depuis janvier 2019, plus de 6 500 enfants en sont morts et 335 000 autres ont été infectés, selon les dernières données de l’OMS. 

Le tout dans un pays toujours en guerre avec lui-même, où des dizaines de groupes armés s’affrontent régulièrement dans les provinces de l’Est et où, ces derniers mois, d’obscures milices ont massacré des centaines de civils.

La RDC a cependant un avantage. Ayant affronté ces dix-huit derniers mois l’une des pires épidémies d’Ebola, avec 3 453 cas et 2 273 morts, le pays est en mesure de répondre à une nouvelle flambée virale. Cette crise montre que les responsables congolais suivent de près les recommandations de l’OMS et, comme on l’a vu ailleurs, une réponse rapide est cruciale pour endiguer le virus.

Le 24 mars, le président Félix Tshisekedi a déclaré l’état d’urgence nationale et fermé les frontières pour limiter les infections. Déjà habitué aux mesures de prévention contre les infections virales, le pays a maintenu des pratiques essentielles d’hygiène publique . 

La majeure partie du pays est confinée, mais des millions de Congolais dépendent de l’économie informelle et vivent en marge, avec peu ou pas de protection sociale. Beaucoup n’ont ni eau courante ni électricité, que le gouvernement a pourtant promis de fournir pendant la pandémie. Et le principe de distanciation sociale est encore impossible à respecter alors que beaucoup de Congolais vivent dans des chambres ou des quartiers surpeuplés.

0 /03
début de l'état d'urgence en RDC
0
cas d'ebola, ces 18 derniers mois
1 K
enfants infectés par la rougeole depuis janvier 2019

Le jury

Simon Baker directeur de la Maison européenne
de la photographie (MEP)

Maryline Baumard rédactrice en chef du Monde Afrique

Comfort Ero directrice Afrique de Crisis Group

Meaghan Looram directrice de la photographie du New York Times

Julienne Lusenge présidente du SOFEPADI et Directrice du Fonds pour les femmes congolaises (FFC) 

Fiona Shields directrice de la photographie du Guardian

Tommaso Protti lauréat de la 10e édition du Prix Carmignac du photojournalisme

Autres lauréats

Finbarr O’Reilly