Massimo Berruti – Patchounistan : Lashkars

Massimo Berruti, Vallée de Swat, Mahnbanr, 2010 © Massimo Berruti-MAPSimages for the Fondation Carmignac
Massimo Berruti, Swat Valley, Mahnbanr, 2010 © Massimo Berruti-MAPSimages for the Fondation Carmignac

04 novembre - 03 décembre 2011

L’exposition de Massimo Berruti, Lashkars, restitue tout le souffle du grand reportage à travers un accrochage traduisant fidèlement le courage de ces hommes et de ces garçons qui défient, heure par heure, jour et nuit, la peur constante d’un nouveau soulèvement des talibans. La sélection, qui comprend quatorze panoramiques, souligne les émotions des acteurs de ce drame à travers une grande diversité de cadrages, reflets d’autant de points de vue. Elle fait varier plans rapprochés et larges perspectives, alterne les scènes nocturnes et de la vie quotidienne, les évocations abstraites et des variations inspirées par la topographie des lieux. En filigrane, se dévoile la pérennité des traditions ancestrales Lashkars.

Une collection de copies de peintures et de sculptures de la Renaissance, abritées dans l’ancienne chapelle de l’Ecole des Beaux-Arts, n’offrent pas, avec les photographies de Massimo Berruti, un contraste aussi vif qu’on aurait pu le supposer. Ces témoignages du patrimoine artistique entreront aisément en résonance avec les images où l’arme à feu, symbole fort, est omniprésente y compris dans des scènes intimes, car la même question posée par ces oeuvres d’art est celle qui réussit à interpeller le spectateur au point de l’obliger à dialoguer avec elles.

Les cinquante-deux photographies respectent la chronologie, et une forme de continuité narrative, tout en procédant par allers-retours constants, manière d’écho aux allées et venues de Massimo Berruti dans la région de la vallée de Swat, au Pakistan, pour les besoins de son reportage et particulièrement en fonction des contraintes et des contrôles imposés par les autorités militaires.

Le lauréat de l’édition 2010 du Prix Carmignac du photojournalisme a privilégié les représentations dissociées de l’actualité événementielle, au profit d’une approche humaniste qui entend rompre avec la vision occidentale du peuple pachtoune, souvent accusé d’être le vivier du terrorisme. A la différence du mode de production de la photographie d’actualité qui procède de l’urgence, le prisme du Prix Carmignac du photojournalisme privilégie une démarche conçue comme un art de la mémoire, qui s’inscrit dans la durée en accomplissant un devoir de présence dans des régions à haut risque.

Sans trace de cadavres ni atrocités visibles, la valeur des photographies de Massimo Berruti est de parvenir à saisir ces moments éphémères, qui marqueront l’histoire de leur empreinte.

Chapelle des Beaux-Arts de Paris

13 quai Malaquai
75006 Paris

Du mardi au dimanche de 11h à 19h

Programmation

Massimo Berruti – Patchounistan : Lashkars